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Genève aime la BD, mille sabords!

Une trentaine de nouveaux auteurs, cinq éditeurs, des fanzines, des expositions, et des stars comme Zep ou Ceppi. Pourquoi La ville de Toepffer chérit-elle autant la bande dessinée?

Thierry Sartoretti, 15 janvier 1998
L’Hebdo, culture, Effervescence

La semaine prochaine, ils seront une quinzaine à se serrer avec planches, décors et bagages dans trois voitures. Direction Angoulême et un double stand loué en commun dans l’enceinte du Festival de la bande dessinée, la plus fameuse des manifestations du genre en Europe. C’est là que les carrières éditoriales se négocient. C’est aussi au milieu de cet énorme rassemblement populaire «que les chasseurs d’autographes sillonnent la ville avec leur collection complète de BD sur le dos», rigole Maxime Pegatoquet qui fait partie de la caravane genevoise.
Quinze bédéistes. A l’échelle de l’édition helvétique, on peut parler de grandes manœuvres. Mais quel qualificatif employer lorsqu’en tournant les pages, on en découvre quinze autres et des dizaines de travaux passionnants publiés chez cinq éditeurs dévoués à la BD du cru? A cette livraison exceptionnelle s’ajoute encore une autre liste. Celle des Poussin, Exem, Aloys, Ceppi, Luyet, Bertola, Chappatte, Albertine et autres Zep, devenus d’éminents classiques lémaniques. Genève connaît actuellement une épidémie de petits Mickey. Un parcours en ville permet d’identifier quelques foyers et de comprendre les raisons qui ont favorisé, ici et point ailleurs, pareille propagation.
«Le mot mécène me fait trop peur, il sent l’argent. Disons que mon rôle consiste à susciter les rencontres, à faire vivre un projet commun», explique Christian Humbert-Droz, dont les nombreuses taches de peinture sur les pantalons sont autant de déclarations d’amour envers son métier de sérigraphe. Deux fois par an, il boucle son atelier de Thônex pour se consacrer encre et âme au «Drozophile», un journal qui tient de l’œuvre d’art, où se mêlent anciennes et nouvelles générations de la BD genevoise. De Poussin à Louise Bonnet, quelque trente dessinateurs ont travaillé ensemble «jour et nuit, à fonds perdus, avec un respect et une sympathie rare» pour peaufiner à la main les 500 exemplaires du numéro 2 consacré à la gastronomie, thème lancé l’automne dernier par la «Fureur de lire», la fête livresque de la municipalité.
Un vieil immeuble du quartier de Saint-Gervais. Jadis, ses combles abritaient le travail des cabinotiers, les petites mains de l’horlogerie genevoise. Julien Käser, Helge Reumann, Marco Salmaso, Nicolas Robel et son frère Xavier viennent d’y emménager l’Elvis Studio, un collectif de dessinateurs. On y trouve aussi «B.ü.L.b Comix». Cette maison d’édition n’a pas huit mois d’existence qu’elle fête déjà la sortie de son dix septième titre. «J’ai tout sorti d’un coup pour obtenir le plus vite possible un catalogue qui présente contenance et une cohérente », déclare Nicolas Robel qui livre conjointement trois collections belles et malicieuses, dont une au format de timbre-poste, préférant la BD underground et des expérimentations graphiques qu’il nomme, pince-sans-rire, «low budget design». La BD genevoise pratique volontiers l’échangisme. On retrouve ainsi des plumes communes chez «Drozophile», «B.ü.L.b» et les éditions Atrabile. Ces dernières publient «Bile Noire», un fanzine en noir et blanc à la politique éditoriale aussi élégante qu’exigeante. Maxime Pegatoquet, Benoît Chevallier et Daniel Pellegrino éditent aussi des petits albums au cartonnage souple rappelant celui des comics américains. On leur doit notamment l’excellent «Brendon Bellard» de Frederik Peeters, dont l’humour et les interrogations métaphysiques révèlent un auteur affirmé de 23 ans «venu à la BD par envie de raconter des histoires».
A parcourir les publications de ces derniers mois, on chercherait vainement une école genevoise, un trait commun (au sens propre) qui unirait les travaux de Baladi, dont l’encre précise tisse «Goudron plume», un envoûtant western onirique paru chez l’éditeur français Delcourt, et l’humour surréaliste de Nadia Raviscioni, dont les superbes sérigraphies aquatiques baignent aux frontières de la BD, de l’illustration et de l’art contemporain. On remarque tout de même une envie commune d’indépendance, de «fait maison », loin des diktats esthétiques des grands éditeurs ou des courants classiques de la BD.
Pourquoi Genève abrite-t-elle pareille effervescence? «Cette ville bénéficie d’une conjonction d’éléments favorables, analyse Roland Margueron, libraire, galeriste et éditeur. En utilisant le dessin, une longue tradition d’affiches politiques et culturelles permet à bon nombre de bédéistes de trouver des débouchés financiers.» Au fil des deux dernières décennies, on remarque aussi une abondance de concours, d’expositions, de manifestations communes entre BD et scènes musicales tant jazz que rock, des éditeurs tels AtoZ, et enfin une présence régulière des dessinateurs dans la presse romande. Autant d’émulations encourageant les vocations.
Cet automne, en l’honneur de son concitoyen Rodolphe Toepffer, dont les «Histoires en estampes» préfigurent la BD en 1827 déjà, La Ville de Genève a instauré un prix récompensant dessinateurs indigènes (Baladi, Wazem et Tirabosco) et étrangers (Tardi, Loustal et Vicomte). Une reconnaissance officielle que l’on trouve aussi dans le système scolaire où bourses et stages liés à la BD ne sont pas rares. Par ailleurs, l’existence d’une maturité artistique a poussé la Lausannoise Nadia Raviscioni à déménager ici avant que ses travaux forment la matière de son futur diplôme des beaux-arts. L’Ecole des arts décoratifs aussi, qui encourage ceux qui préfèrent les petits Mickey, a offert les bases techniques de bon nombre de bédéistes genevois. Et avant d’être une belle aventure éditoriale, la création de «B.ü.L.b» («alias bande utopique à lire dans son bain, avec un Umlaut parce qu’on est en Suisse») était le travail de diplôme de Nicolas Robel, étudiant modèle en «communication visuelle» à l’Ecole supérieure des arts appliqués.

Déboulent les bulles
ATRABILE, CP 30,1211 Genève 21. Prochain numéro du fanzine «Bile Noire» en février. Dernier album publié: Frederik Peeters, «Brendon Bellard».
ASSOCIATION DROZOPHILE, CP 441, 1226 Thônex. Prochain numéro du fanzine «Drozophile» consacré au foot en mai. Dernier album publié: Nadia Ravisconi, «Odette et l’eau». L’auteur expose dessins et sérigraphies à Soral (GE), galerie Brot und Käse, du 4 au 20 février.
B.ü.L.b COMIX, CP 2033, 1211 Genève 1. Prochaine parution: John Porcelino, «King-Cat Collection» courant janvier, puis les albums de Nicolas Robel («Joseph») et de Xavier Robel. En préparation pour avril: une série de mini-BD dans la collection «2 watts» signée Mix et Remix, Anna Sommer, Noyau, Reumann…
ET ENCORE: les albums de Wazem («Livre vert Vietnam» chez Papier Gras, «Le Chant des Pavots» aux Humanoïdes Associés), celui de Baladi («Goudron Plumé» chez Delcourt) ainsi que son fanzine «Matos», les albums de Sylvain Victor et de Kalonji (aux éditions Paquet), ceux de Tom Tirabosco («l’Emissaire» chez Atrabile-Papiers Gras, «Ailleurs au même instant…» à La Joie de lire), l’exposition des travaux du studio d’animation GDS, jusqu’au 8 février au Musée de Carouge. Où trouver fanzines et albums? A Genève, chez Papiers Gras (en l’lle), Cumulus (rue des Etuves 9) et Paradoxe Perdu (place Grenus 3). Ailleurs en Suisse romande, dans les bonnes librairies de BD. Et sinon, stand genevois du 22 au 25 janvier au Festival de la BD d’Angoulême (halle des fanzines).