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Les Romands seront bien présents au Festival d’Angoulême

Ariel Herbez, mercredi 21 janvier 1998
La Liberté, Magazine

Décidément, la bande dessinée romande ne cesse de se renouveler. Appuyée par plusieurs structures d’édition légères et passionnées, une nouvelle génération de dessinateurs émerge et produit à tour de bras. Souvent dans des formes ou des genres peu conventionnels.
Concrétisation de cette effervescence, c’est la ruée vers le Festival d’Angoulême, La Mecque de la BD, où de nombreux jeunes auteurs seront présents dès demain, en chair et en os ou à travers leurs créations: les jeunes Editions genevoises Drozophile, Atrabile et Bülb Comix y tiennent stand commun (à l’espace fanzine). Les Editions Paquet seront également sur place, avec notamment un nouvel album d’Ab’Aigre, un vétéran lui. A La Chaux-de-Fonds pendant ce temps, les Editions Plonk et Replonk se spécialisent dans la BD expérimentale et provocante, alors qu’à Bienne, celles de BDland (ex Mixer) se positionnent, avec plus ou moins de bonheur, dans l’humour.

TENDANCE MAL-ÊTRE

Quel que soit le style de tous ces débutants, aux influences multiples de l’underground à la ligne claire, ils sont la plupart marqués par des thèmes récurrents, et l’on retrouve plus souvent le mal-être que la joie de vivre primesautière: la mort omniprésente, la recherche angoissée de soi, de son identité, les rapports aux parents et à la société, la rencontre difficile avec l’autre, le sens de la vie… Normal, la plupart ont moins de 30 ans et doivent se faire une place dans une société de plus en plus dure et performante, où la création artistique devient un luxe si elle n’est pas immédiatement récupérée, médiatisé et marketisée.
Dessinateur lui-même, Nicolas Robel, 24 ans, crée une petite structure éditoriale au début de l’année dernière, Bülb Comix. Jouant sur l’ampoule, le symbole de l’idée lumineuse en BD, ses collections s’appellent, selon le format des albums, 40 watts, 25 watts et 2 watts, cette dernière étant constituée de mini, mais alors vraiment mini-albums dépliants d’à peine plus de quatre centimètres sur trois vendus 2 francs.
Depuis lors, huit albums et neuf mini 2 W ont été publiés, en français mais aussi pour deux d’entre eux en versions anglaise ou allemande. Car Bülb ne se limite pas aux auteurs de Genève: on y trouve le Zurichois Andréas Kündig, le Biennois Christophe Lambert (qu’on retrouve chez Plonk et Replonk) ou l’Américain John Porcellino, «je décide seul de ce que je publie, en fonction de mes goûts, note Nicolas Robel. Et ce qui m’intéresse, c’est la bande dessinée dite alternative, influencée par l’underground américain. Je suis aussi attaché à la forme et au côté objet de ce que je publie.»

L’EFFET DROZOPHILE

Comment le dessinateur-éditeur explique-t-il ce foisonnement de nouveaux talents? «Plusieurs illustrateurs et graphistes travaillaient dans leur domaine, quand tout à coup ils ont montré un engouement nouveau pour la bande dessinée grâce à l’expérience de Drozophile. Le sérigraphe Christian Humbert-Droz leur offrait un lieu et un support qui a réuni beaucoup de monde venant d’horizons différents, et aussi de générations différentes entre lesquelles régnait parfois une certaine incompréhension. Tous ont travaillé ensemble, et l’impulsion était donnée.» Maxime Pégatoquet, 27 ans, l’un des trois piliers des Editions Atrabile (avec Benoît Chevalier et Daniel Pellegrino), confirme le propos de Robel: «De nombreux dessinateurs de talent existaient aux Arts décoratifs notamment, mais faute de support depuis la mort de Sauve qui peut (janvier 1993) qui a lancé la génération des Reumann, Baladi ou Kalonji, il y a eu un trou jusqu’à l’arrivée de Drozophile, puis de Bülb et Atrabile.»

ENTRE BÜLB ET ATRABILE

Le fer de lance d’Atrabile, lancée en juin dernier, c’est le collectif Bile noire qui paraît tous les quatre mois: les auteurs s’y lancent avant de trouver la capacité de gérer un récit plus long qui les conduira à un album. Ce périodique est entièrement consacré à la BD. Les choix sont dictés par la rigueur de la narration plus que le style de dessin, si bien que Bile noire présente une diversité de genres de bon aloi.
Entre Bülb et Atrabile, les auteurs naviguent sans cloisonnement strict. «Mais plusieurs de nos auteurs n’iront jamais chez Bülb, explique Maxime Pégatoquet. Sa ligne est strictement axée sur la BD alternative. Nous sommes plus ouverts: sur l’underground, mais aussi la ligne claire. Drozophile à la même optique que nous, mais les tout débutants n’osent pas trop sonner a la porte de Humbert-Droz, même s’il est vrai qu’il le sollicite avec une grande ouverture: par sa présentation luxueuse et la cohabitation avec des auteurs chevronnés, Drozophile est plus intimidant, et les jeunes sont moins complexés chez nous.»
Atrabile compte un pool de 25 à 30 dessinateurs, mais peu sont encore mûrs ou suffisamment motivés pour un album, estime Maxime Pégatoquet. N’empêche que trois publications sont déjà sorties: les deux premiers albums d’un jeune auteur prometteur de 24 ans, Frederik Peeters, dont Brendon Bellard qui vient de sortir, et le premier également de Tom Tirabosco, L’émissaire, avec lequel il a remporté le Prix Rodolphe Topffer pour la jeune bande dessinée. Un album coédité avec la librairie Papiers Gras.
Papiers Gras qui n’en reste pas là. Roland Margueron vient aussi de publier un sympathique album de Wazem, Livre vert Vietnam, et a d’autres projets d’édition, liés à ses expositions: «Ce n’est pas un hasard que tant Wazem que Tirabosco tirent plus vers l’illustration que la bande dessinée proprement dite, souligne-t-il. La ligne de Papiers Gras est de montrer plutôt l’aspect du travail d’illustrateur des auteurs, même s’ils font de la BD par ailleurs.»

TROIS COLLECTIONS

Christian Humbert-Droz, enfin, après avoir lancé Drozophile, s’est lancé avec un premier petit album de Nadia Ravisioni, Odette et l’eau, à tirage limité et entièrement sérigraphié. Helge Reumann signe le deuxième album des Editions Drozophile, qui sort à Angoulême: Camions.
«Contrairement au magazine, qui joue sur le mélange des genres, je souhaite distinguer trois collections bien typées, note le sérigraphe: ce qu’ont fait Nadia et Reumann s’inscrit dans une série de petits albums illustrés plutôt que de la BD proprement dite. J’ai décidé de lancer une collection noir et blanc, mais sur papier noir pour mettre en valeur la sérigraphie, et j’espère que Simon en sera le premier auteur. Enfin, je souhaite une collection de BD plus traditionnelle, avec des Exem et des Kalonji par exemple, dont le premier volume pourrait sortir pour Sierre.»
Pas de doute, ça bouge! Si l’on compte bien, ce sont près d’une trentaine d’albums qui sont sortis ces douze derniers mois. Une sacrée production!