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Drozophile, B.ü.L.b et Atrabile colportent Genève à Angoulême

Ces trios petits éditeurs artisanaux, triages limités et beaux objets, sont la fierté de la ville de Toepffer. A l’occasion de la grande messe de la bande dessinée, ils partent à la conquête du public et des librairies.

Michel Rime, samedi-dimanche 17-18 janvier 1998
24 heures, Culture, L’abc-bd

La marmite BD est constamment en ébullition à Genève. Comme dessiner dans son coin ne suffit pas, des aventures éditoriales naissent. Drozophile, Atrabile, B.ü.L.b, autant de noms bizarres pour véhiculer les tendances les plus folles. Ces petits éditeurs ne craignent pas la distance et font, ensemble, le voyage d’Angoulême (du 22 au 25 janvier).

Les numéros 0 et 1 du Drozophile, tirés à 150 et 250 exemplaires, sont déjà épuisés. Sans la passion hors norme et le désintéressement du sérigraphe quinquagénaire Christian Humbert-Droz, ils n’auraient jamais vu le jour. Reste pour satisfaire votre curiosité et saliver sur sa thématique gastronomique le numéro 2, paru à l’occasion de la Fureur de lire d’octobre dernier. Grand format (30 x 42 cm), 68 pages entièrement sérigraphiées, la revue extraordinaire rassemble une trentaine d’auteurs. Les «anciens» (Ab’Aigre, Poussin, Aloys, Exem, Simon, Luyet) y côtoient des plus jeunes (Helge Reumann, Louise Bonnet, Wazem, Tom Tirabosco, Kalonji) et des nouveaux. Un vrai regal pour les yeux, le nez, les doigts et la tête.

«C’est une très belle aventure, s’enthousiasme Christian Humbert-Droz. Les dessinatrices et les dessinateurs viennent à l’atelier et mettent la main à la pâte. C’est la fiesta pendant trois semaines.» Une fête de six-sept heures de travail quotidien. Le numéro est vendu 60 francs, à perte. «C’est un vieux rêve, poursuit le sérigraphe. Avec deux numéros par an, on parvient à éditer tous ceux qui nous tiennent à cœur. Mais nous aimerions nous ouvrir au-delà de Genève et de la France voisine. Des contacts ont été pris avec les Zurichois de Strapazin. Drozophile a un côté experimental: notre palette va de la ligne claire à des styles tout à fait expressionnistes. En ces temps moroses, ça aide à vivre.»
Parallèlement à la revue, les Editions Drozophile possèdent une petite collection, sérigraphie toujours, aux tirages limités, numérotés et signés. Objets hors norme pour amateurs éclairés. Après Odette et l’eau, de Nadia Raviscioni, paraît, pour Angoulême, Camions, de Helge Reumann.

Une histoire d’ampoule
Chez B.ü.L.b Comix (pour bande dessinée ütopique à lire dans son bain), tout repose sur l’ampoule et les collections se déclinent en watts. On trouve du 2, du 25 et du 40 [w]. «Bulb», ampoule en anglais. Comme on prononçait boulb, j’ai ajouté le tréma, explique Nicolas Robel (23 ans). Le concept editorial est une métaphore autour de l’imagination et de la créativité.» Fraîchement issu de l’Ecole supérieure des arts appliqués, le Genevois est parvenu à faire passer sa maison d’édition comme thème de diplôme. Quelques mois plus tard, le catalogue propose déjà une quinzaine de titres. Les tirages s’étirent entre 126 (de 1 à 100 et de A à Z) à 300 exemplaires.
La collection 2 [w] est la plus riche, dix titres, neuf auteurs. Les ouvrages en bichromie font dans le minuscule (3,5 x 4,5 cm), 22 pages se dépliant en accordéon, et se vendent 2 francs. «J’ai envie qu’on sente une âme derrière B.ü.L.b, note l’éditeur. 2 [w] est une manière de lancer des auteurs sans prendre de gros risques financiers. Tout sort de ma poche, mais pour l’instant je parviens à éponger les frais. J’aime créer des objets qui ont une ligne.» Nicolas Robel édite son frère Xavier, des amis (Baladi, Reumann) et s’auto-édite. Son vivier passe par Bienne (Christophe Lambert) et Zurich (Andreas Kündig). Noyau, Mix er Remix sont prévus pour le printemps.
Si 25 [w] (10,5 x 13,5 cm) ne compte que deux titres, 40 [w] (14,5 x 20 cm) en propose quatre, dont deux se déclinent en français, allemand et anglais. Pour Angoulême, B.ü.L.b met sur le marché un recueil des meilleures histoires du King-Cat collection de l’Américain John Porcellino. Toutes les couvertures sont sérigraphiées par l’éditeur lui-même dans l’atelier de Humbert-Droz. Bande dessinée minimale, autobiographie, art brut, jeux et cadavre-exquis, roman-photos à image fixe mais à bulles nerveuses, voilà pour les genres. «Je demande aux auteurs de m’étonner», résume Nicolas Robel.

Une bile d’encre
Reste Atrabile et son journal Bile noire (2 numéros parus). On est là plus proche du fanzine exigeant, mais Ben Chevallier et Daniel Pellegrino refusent le terme tout comme ils détestent les couvertures cartonnées. Atrabile se veut maison d’édition à part entière. N’a-t-elle pas sorti Fromage Confiture et Brendon Bellard de son poulain adulé Frederik Peeters? Ce dessinateur de 23 ans promet: son humour éclate et il sait raconter des histoires (métaphysiques). En collaboration avec la librairie-galerie Papiers Gras, elle a aussi édité L’émissaire de Tom Tirabosco, qui a reçu le Prix Rodolphe-Toepffer pour la jeune bande dessinée genevoise, décerné par la Ville en décembre dernier.
Indépendance, refus du compromis de la BD d’auteur, les gens d’Atrabile (censée causer la mélancolie) n’ont pourtant pas hésité à placer leur production dans la librairie d’un centre commercial. Les 500 exemplaires de Brendon Bellard ont coûté 4000 francs, qu’ils ont puisés dans leurs poches. Daniel Pellegrino: «Nous souhaitons changer les habitudes du lecteur classique de bande dessinée.» Ultime précision: entre les trois maisons les auteurs tournent et sont gâtés.