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La marge des possibles

Vincent Gerber, dimanche 10 novembre 2013
Le Courrier, LeMag, culture

EDITION Alors que l’industrie du livre est en crise, de petits éditeurs promeuvent l’autogestion. Exemple avec le Genevois B.ü.L.b comix, qui tire sa révérence avec une ultime «box» de BD miniatures.

Ils l’avaient annoncé, ils l’ont fait. Avec la parution de leur 2wBOX «Z» en ­octobre, les éditeurs de B.ü.L.b comix mettent un point final à leur activité. Une fin programmée qui n’a rien d’un dépôt de bilan. En dix-sept ans, B.ü.L.b comix est toujours resté dans les chiffres noirs. Un salut dû à un modèle économique qui ne laisse rien au hasard des ventes et vise une réduction drastique des frais de production. Cette politique a été érigée en manifeste par le duo genevois qui, au moment de tirer sa révérence, dresse un bilan positif de l’expérience.
Fondateur de B.ü.L.b comix, rejoint ensuite par Mathieu Christe, Nicolas ­Robel explique sa démarche: «Je me suis imposé dès le départ la contrainte de mettre en place une édition à but non ­lucratif, non subventionnée, avec presque aucun avoir de départ.» Objectif: rester maître de la production «en n’ayant de comptes à rendre qu’aux artistes et aux lecteurs.»

DÉCOUPÉ ET PLIÉ À LA MAIN
Ces principes se traduisent concrètement par des maquettes optimisées afin d’économiser sur les coûts, et la réalisation à l’interne des différentes étapes de fabrication des livres. A titre d’exemple, leur emblématique collection «2[w]» («deux watts») - commencée à la lettre A en 1997 et qui trouve aujourd’hui son ­épilogue -, a été produite localement, ­préparée graphiquement par leurs soins, découpée et pliée à la main.
Le tout dans un format très réduit ­auquel les cinq auteurs internationaux réunis dans la boîte «Z» - dont le Japonais Yûichi Yokoyama, lauréat du Will Eisner Award 2008, catégorie histoire courte - ont dû s’adapter, tout en profitant pour cette dernière édition de la quadrichromie. Une entorse exceptionnelle à l’économe ­bichromie employée jusque-là. Et une façon de finir en beauté.
Quant aux frais fixes (papier, encre, etc.), ils sont couverts par la vente des titres précédents. «C’est un modèle où l’on ne peut pas faire faillite: on ne sort un livre que lorsqu’on dispose de la somme nécessaire», résume l’éditeur. Ou comment ­inverser le processus traditionnel de l’édition, en finançant entièrement les projets avant leur réalisation. Avantage: une indépendance budgétaire totale.

ALTERNATIVE ÉCONOMIQUE
Reste que si la microédition à la sauce B.ü.L.b est viable et donne naissance à des publications de qualité, elle ne permet pas d’en vivre. Ses acteurs sont bénévoles, le loyer des locaux et les machines ­utilisées par le duo étant payés par une ­activité de graphiste - ces aptitudes ­professionnelles sont d’ailleurs mises à contribution dans la conception des ­projets. Pas à la portée de tout le monde, donc. L’autre revers de la médaille est ­l’énorme investissement personnel exigé. Selon ­Nicolas Robel, l’élément mis à rude épreuve fut bien la motivation. «Cela a exigé une sacrée énergie. Et forcément, il y a eu des moments où l’on s’est demandé pourquoi on continuait.»
Le cas de B.ü.L.b s’inscrit dans cette quête d’alternative économique permettant aux petits et moyens éditeurs d’exister, sans dépendre de subventions ni d’auteurs de best-sellers dans leurs rangs. D’autres acteurs genevois de la BD sont concernés, tel le collectif Hécatombe dont les membres s’auto-éditent. Dans leur cas, les fonds proviennent de l’apport ­personnel de l’auteur, de dons ou de ­subventions, ou encore d’un financement via les fonds propres du collectif. Autre ­démarche, celle d’Atrabile qui a opté ­récemment pour la création d’une ­association de soutien (lire notre édition du 25 septembre).
Ces expériences ont le mérite de proposer des solutions concrètes à la crise de l’édition. Un projet de livre-bilan des dix-sept ans d’activité de B.ü.L.b comix est d’ailleurs en préparation. Une publication à situer, selon ses auteurs, «entre le ­rapport d’activité détourné et la théorie du possible», sous forme de réflexion sur le milieu du livre et de l’édition. Il devrait paraître au sein de la nouvelle maison ­d’édition, plus axée sur l’écrit, imaginée par Nicolas Robel. B.ü.L.b comix ne referme donc pas complètement la boîte...

Le Monstre revient
Du 14 au 17 novembre, la sérigraphie et la micro-édition tiennent salon à Genève. Et pour sa troisième édition, le Monstre Festival déborde de l’Usine pour investir l’Usine ­Kugler, l’Espace Labo, l’atelier Drozophile, la ­Bibliothèque de la Cité et quelques autres lieux du centre-ville. Des espaces que viendront envahir les œuvres d’une ­cinquantaine d’exposants et d’artistes. Parmi eux, des locaux comme le fanzine anar Zombie libéré, le collectif Hécatombe ou encore les ­Editions La Puce. Mais aussi des invités, dont les Nantais de Editions Katjastroph, l’illustrateur allemand de Vonkor Lab et son univers cyberpunk, ou le «graphzine» Fantôme. Ce qui les unit? La promotion d’une édition artistique - souvent proche du livre-objet - et des réalisations originales à petit ­tirage, diffusées principalement hors des circuits commerciaux traditionnels. Un «multivers» ­graphique underground qui s’exprime dans des démarches audacieuses, parfois déjantées, rarement rentables mais ­toujours singulières. Expositions, performances et projections à découvrir durant quatre jours définitivement monstres.
http://monstrefestival.blogspot.ch

Parution.
2wBOX Set Z, B.ü.L.b comix, 2013. Comics en quadrichromie de Nicholay Baker (Transnistrie), Blexbolex (France), Elvis Studio / Helge Reumann et Xavier Robel (Suisse), Jockum Nordström (Suède) et Yûchi Yokoyama (Japon).
www.bulbfactory.ch

Vernissage je 5 décembre dès 18h, Espace Labo, 5 bd St-Georges, Genève.
www.espacelabo.net

La promotion et la vente des livres de B.ü.L.b comix continue.
L’éditeur sera présent au Monstre Festival (lire ci-contre) di 17 novembre, de 14h à 20h, avec une expo-stand à l’Usine de Genève.