• vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure
  • vignette coupure

B.ü.L.b comix

Jean-Philippe Bretin, vendredi 1er novembre 2013
collection blog, collection, blog

Il y a quelques jours, l’éditeur suisse B.ü.L.b comix nous a envoyé leur dernière box de la collection 2[w]. Une boite en carton sérigraphiée et tamponnée contenant 5 images pliées imprimées quadrichromie.
Comme souvent, le choix des artistes est de haut niveau: la preuve, la dernière réunit Jockum Nordström, Yūichi Yokoyama, Elvis Studio, “Blexbolex” Bernard Granger, Nicholay Baker.

L’exercice du mini loporello est difficile et parfois surprenant, autant que la manière de concevoir les images. Celle de Yokoyama a par exemple été montée par les éditions matière, Blex bolex a proposé un travail photographique et Nicolay Baker un pliage qui s’anime sur tourne disque.
Intrigué par leur manière de fonctionner, nous leur avons posé quelques questions

Vous venez de sortir la boite Z de votre collection 2[w]Box, pouvez-vous nous parler de cette édition commencée il y a maintenant plus de 15 ans?
En 1996, Nicolas Robel qui avait une idée derrière la tête proposait à Alex Baladi de sortir un « album » unique. Intitulé “Sûre”, couverture sérigraphiée et intérieur en photocopie, un vernissage suffit pour vendre les cent vingt-six exemplaires. Le logo était déjà là et c’est le même qui n’a pratiquement pas changé depuis.
Suite à cette expérience humaine et commerciale concluante, la maison d’édition naît à l’occasion d’un travail de diplôme en communication visuelle à la Haute Ecole des Arts Appliqués de Genève. Sa conception très pragmatique et normée, du point de vue du design et de la production, permet d’entrevoir une aventure sur le long terme et en parfaite adéquation avec le paysage éditorial indépendant ou pas de l’époque. Depuis 1997, mise à part une somme de base investie et remboursée depuis, l’argent des ventes a permis de sortir de nouveaux ouvrages sans jamais toucher de subventions officielles.
Pour revenir à la collection 2[w], la première série (Set A), ne proposait pas de boîte pour réunir les minicomics. La boîte est arrivée plus tard, à partir du set C et rétroactivement sur le set B, suite aux remarques de certains libraires qui n’arrivaient pas à mettre ces livres lilliputiens dans leurs étagères. Qu’à cela ne tienne, nous leur fournirons la bibliothèque qui va avec. L’idée du compte à rebours a germé en cours de route. Programmer sa fin, plutôt que de la subir, s’est imposé comme un salut.

La liste des artistes qui ont participé est foisonnante, et on sent qu’il y a des habitués, des amitiés même. On voit aussi des noms de gens qui ont changé de voie (les Chapuisat par exemple) et d’autres qui ont une impressionnante constance. Quelles relations entretenez-vous avec les artistes que vous éditez ?
Les relations sont d’intensités diverses. Le fait que Nicolas Robel soit auteur, édité chez plusieurs éditeurs internationaux reconnus (Cornélius, Drawn&Quarterly, La Pastèque…), a souvent facilité le premier contact. Depuis nous entretenons des relations d’amitié avec certains et essayons, pour tous, de garder le contact. À l’occasion des 10 ans de la maison d’édition, nous avions offert une affiche à chaque auteur avec un mot écrit à la main, pour les remercier. Pour célébrer la fin des éditions avec la sortie de la 2wBOX Set Z, chaque auteur recevra un exemplaire. Le temps et les livres sont notre monnaie d’échange.
Les auteurs que l’on retrouve à plusieurs reprises au sein de la collection 2[w], qui ont parfois aussi édité un livre dans une autre collection, nous intéressent plus particulièrement du point de vue du développement d’un style personnel.
C’est juste pour les Chapuisat, mais leur côté bûcheron sensible ne les a pas totalement déviés de l’illustration, à notre grand plaisir. Nous avons souvent invité des auteurs qui évoluent également dans l’art contemporain. La frontière est souvent floue même si dans les deux camps, on ne se l’avoue pas.


Qu’est-ce qui fait que vous conservez l’énergie de tenir cette maison d’édition non lucrative et quasi artisanale (327600 manipulations manuelles pour les box) depuis si longtemps ?
Nous parlons souvent d’envie et de motivation, que cela soit pour nos projets personnels ou pour les mandats qui nous sont confiés en graphisme. C’est une énergie fragile à conserver. Comme moteurs, nous pensons à nos amis, à nos familles, aux auteurs, aux lecteurs, festivals et leurs rencontres, certains libraires également. Nous tenons à préciser que les manipulations se font avec l’aide d’un groupe de supporters, à l’occasion d’un bon repas préparé par B.ü.L.b à l’atelier.
et quels doutes vous traversent ?
On ne vous cachera pas que nous nous sommes parfois demandé, entre deux pliages: pourquoi faire ça? Avec la sortie de la lettre Z et le compte à rebours inventé en cours de route, nous avions un but. Comme une course en montagne, il fallait rejoindre la cabane, ensuite il y en avait une autre et encore une autre et nous sommes heureux d’avoir tenu bon et d’avoir pu entrevoir une belle partie du massif que nous avons eu la chance de gravir. “We’re still here, you bastards” comme disait Steve McQueen dans le film “Papillon”.
Au-delà des doutes sur cette aventure utopique, les plus lourds s’étendent à la manière d’éditer, l’indépendance, l’économie confrontée à un sens aigu d’une certaine éthique qui n’est pas forcément universelle. L’édition a fonctionné comme un laboratoire éditorial bien sûr, mais aussi humain face aux contingences du commerce, de la survie autant financière qu’intellectuelle.

Vous observez l’édition indépendante depuis de nombreuses années j’imagine, quel regard portez-vous sur ce qui s’est passé ces dix dernières années ?
Alors que l’on parle de la fin de l’imprimé, nous assistons à un foisonnement de livres édités. La microédition a le vent en poupe. Avec la fabuleuse vitrine offerte par internet, nous en voyons beaucoup, peut-être trop. D’un côté, nous nous sentons stimulés par des découvertes, d’un autre, nous voyons des hordes de suiveurs qui sortent des zines parce que c’est trop cool. Nous portons un regard critique que nous tentons de garder curieux. On a un esprit contestataire, mais sans crêtes et sans chiens, ni tatoos. Nous essayons de rester fidèlesà nos idéaux de base qui ne regardent que nous sans rester sectaires Le fait d’être partie prenante d’autres sphères; graphisme, typographie, illustration, romans graphiques, livres pour enfant qui ne se mélangent pas si souvent ou ne se connaissent que très mal, nous aident à rester positif et d’assumer notre position ambivalente.

plus d’info sur leur site richement documenté
www.bulbfactory.ch