How should i know?
How should i know ? repose sur un constat de plus de neuf ans de travail, basé sur la mémoire, ses failles et ses multiples interprétations.
J’ai tenté en effet d’effectuer une recherche graphique et narrative à travers mes souvenirs d’enfance afin de mieux cerner mes directions artistiques et visuelles actuelles en mélangeant mon travail d’illustrateur et celui de graphiste. Il me fallait alors définir une exposition organique et économique qui puisse voyager facilement et s’adapter aux différents lieux auxquels elle serait confrontée. Une exposition qui puisse évoluer dans le temps et s’enrichir au fur et à mesure de mes expériences. Une exposition qui ne serait jamais pareille, en perpétuelle recherche. Une l’exposition à l’exception de la salle et du beamer qui tiendrait dans une petite valise et n’aurait comme seul fil rouge qu’une bande de scotch orange.
How should i know ? est donc constituée de quatre parties, réunies dans un même espace : LE FILM Sur une toile semi-transparente de 3m de large et 2m de haut est projeté un film d’une durée d’environ 21 minutes qui tourne en boucle. Les images qui défilent ont été enregistrées en Super8 par mon père entre 1974 et 1976 au Canada alors que j’apprenais entre autres à marcher dans le cimetière de Silery à Québec en compagnie de mon frère et ma mère bien avant ma venue en Suisse, bien avant que je me souvienne de quoi que ce soit. Je tente de proposer une remise en question du statut de l’image documentaire face à la mémoire personnelle et subjective. Le seul son audible et incessant dans l’espace durant la visite est celui du ronronnement du moteur d’un projecteur Super8. LE MUR DE DESSINS Des fragments du film se projettent sur un mur tapissé d’esquisses et d’illustrations agrandies provenant de divers carnets de croquis et travaux de ces neuf dernières années. Le collage est alors improvisé sur place sur une période de deux trois jours. L’ESPACE LECTURE ET MUSIQUE Au pied du 2e mur juste en dessous du lettrage du titre de l’exposition, se trouvent deux fauteuils usagés et une table que je m’efforce de trouver sur place. Les visiteurs peuvent alors s’asseoir et feuilleter mes livres tout en écoutant, une compilation des chansons qui m’ont inspiré et accompagnées ces 15 dernières années. LE LIVRE Sur le troisième mur, se trouve une étagère mystérieuse avec un seul petit livre noir de la taille d’un carnet Moleskine. Les illustrations qui le constituent, sont une réinterprétation de mes dessins et esquisses. Il peut, soit servir de guide d’introduction à mon univers, soit de complément à mes travaux précédents, c’est selon. Les proportions habituelles y sont inversées, en y représentant les illustrations les plus élaborées en petit et les croquis les plus bruts en très grand. Le livre est conçu ni comme une bande dessinée, ni un carnet de croquis, mais plutôt comme un essai dessiné. Il est la seule partie de l’exposition à contenir des textes (à l’exception du titre). Trois auteurs différents, chacun dans sa langue maternelle (français, allemand et anglais) décrivent et critiquent mon travail : trois auteurs, trois introductions, trois interprétations différentes.


matériel:

scotch orange
mur
scotch blanc
3
1000 feuilles
3
toile de projection
3
CDs
3
3